POLYTECH NANTES INFOS
N°22 - Février 2016

Polytech Nantes souhaite offrir une formation au plus proche des besoins des entreprises. Pour cela, elle fait appel à des professionnels extérieurs qui viennent donner des cours aux élèves-ingénieurs. Nous avons rencontré deux d'entre eux :


  • Anne-Luce CAZAUX : Consultante HSE (Hygiène Sécurité Environnement) au Bureau Veritas, organisme de conseil et de contrôle notamment en maitrise des risques HSE auprès des industriels.
  • Soufiane ROUBIA : Docteur en traitement du signal et télécommunications. Directeur R&D chez Trident Media Gard (TMG), une société informatique nantaise spécialisée dans le contrôle d'échanges entre utilisateurs d'internet (P2P) et de la protection des droits d'auteur. Il est en phase de création de sa propre société, EasyBrodcast, qui proposera aux diffuseurs de contenus web (vidéo, images, son, etc.) de diminuer leurs coûts de diffusion des contenus grâce à un nouveau protocole breveté.

Comment avez-vous découvert Polytech Nantes ?

Anne-Luce : J'ai connu l'école grâce à des collègues qui y donnaient déjà des cours.

Soufiane : J'ai découvert Polytech Nantes en 2007. Travaillant chez TMG, j'avais été sollicité pour proposer des sujets de projets pour les étudiants en informatique.

Quelles interventions faites-vous à Polytech Nantes ?

Anne-Luce : Mon cours porte sur la réglementation Environnement et les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE). J'interviens auprès de 2 publics : celui en formation continue du Diplôme d'Université en Management Qualité, de la Sécurité et de l'Environnement (DU MAQSE),  et celui de la  formation initiale pour l'option commune MAQSEi dispensée en dernière année du cycle ingénieur.

A la demande de l'école, ces 2 publics, très différents, sont mélangés pour l'occasion, ce qui leur permet d'échanger et de créer une nouvelle dynamique de groupe.

Soufiane : A partir de 2010, ma collaboration avec Polytech Nantes s'est intensifiée car nous avons mené à bien des projets de recherche avec des équipes de l'école (l'équipe « Images Vidéo Communications » (IVC) de l'Institut de Recherche en Communications et en Cybernétique de Nantes (IRCCyN), et l'équipe GDD, du Laboratoire d'Informatique de Nantes Atlantique LINA). Depuis 2012, je donne des cours aux élèves ingénieurs en informatique de dernière année sur la thématique « virtualisation système et réseau ».

Pourquoi avez-vous accepté de travailler pour Polytech Nantes ?

Anne-Luce : Ma motivation est d'abord personnelle : j'aime mon métier et j'ai plaisir à partager cette expérience avec des personnes extérieures... Et peut-être leur donner envie de s'engager dans cette voie.

Je trouve vraiment enrichissant de partager ses connaissances et retours d'expérience, tout en réfléchissant à la façon la plus adaptée de présenter les choses et répondre aux attentes des étudiants...

Cet exercice permet de prendre du recul sur son métier, de voir autre chose, notamment grâce à la diversité d'origine du public.

J'apprends aussi beaucoup à travers les questions et retours des étudiants. C'est très riche d'un point de vue humain.

Enfin, je m'aperçois avec le temps que ces quelques journées dispensées au sein de l'école me donnent une bouffée d'oxygène, et avec le recul pris, j'en apprécie encore plus mon métier !

Soufiane : Tout d'abord, j'ai toujours trouvé important qu'il y ait un lien entre l'entreprise et le monde académique. Il ne faut pas que ces deux mondes s'ignorent, car même s'ils ont souvent des approches différentes d'un même sujet, la confrontation des deux apporte énormément. Pour les étudiants, c'est important qu'ils aient une vision du monde de l'entreprise et de ses contraintes. Même si on essaie de créer des Travaux Pratiques (TP) qui se rapprochent de la vie professionnelle, la réalité de l'entreprise sera différente.

Ensuite, à titre personnel, étant docteur en informatique, il est possible qu'un jour je passe ce que l'on appelle l'HDR, (Habilitation à Diriger de la Recherche), et donc avoir un pied dans ce monde universitaire est important pour moi.

D'autres avantages ?

Anne-Luce : Mes interventions au sein de Polytech Nantes présentent par ailleurs un intérêt pour Bureau Veritas.

Ces cours permettent d'échanger sur des problématiques rencontrées par les entreprises qui accueillent les stagiaires tout en ayant  un second regard sur les besoins et attentes des industriels du secteur.

De plus, ils permettent de créer des liens avec des étudiants qui seront demain en entreprise, et que nous pourrons retrouver en tant que clients. Les échanges seront ainsi facilités tant pour eux, qui auront ainsi un point d'entrée pour des conseils que pour nous en tant que prestataire.

Soufiane : Pour la société TMG, cela a été très riche. Le contact avec Polytech Nantes nous a permis d'être plus proche des nouveautés scientifiques, ce qui, pour une très petite société, est difficile à mettre en place par manque de moyens humains et financiers.

Pour les étudiants, la majorité des sujets que nous avions proposés ont été mis en application en entreprise. C'est donc également valorisant pour eux. Depuis 2012, je donne des cours plus traditionnels, mais je pense que ma connaissance de l'entreprise est un facteur de motivation  pour les étudiants. Cela me permet d'illustrer facilement mes interventions en leur donnant des exemples concrets de virtualisation.

Quels sont vos liens aujourd'hui avec Polytech Nantes ?

Anne-Luce : Aujourd'hui, plusieurs consultants de Bureau Veritas interviennent à Polytech Nantes.

En contribuant à la formation des responsables QSE (Qualité, Sécûrité, Environnement) de demain, nous essayons de les sensibiliser aux problématiques d'actualités et priorités futures, et pouvons avoir une première vision de leurs cursus, connaissances professionnelles et attentes...

Enfin, les liens privilégiés tissés entre étudiants, stagiaires et nos consultants permettent de faire connaître nos métiers et nos équipes... Et leur donner, j'espère, envie de travailler avec nous par la suite.

Soufiane : Le projet R&D a été déclencheur pour tisser de véritables liens de collaboration avec l'école. La confiance est totale. A l'époque, nous n'avions pas besoin d'ingénieurs informatique, mais plutôt des commerciaux. Par contre, avec ma nouvelle société, EasyBrodcast, je n'hésiterai pas à faire appel à des ingénieurs en informatique diplômés de l'école.

Lettre d'informations n°22