Arnaud Pieton, 47 ans, diplômé de la spécialité matériaux en 1998, est aujourd'hui CEO de Technip Energies, un acteur majeur de la transition énergétique comptant 15 000 salariés. Portrait d'un homme au parcours inspirant tourné vers l'international.

Arnaud Piéton


Racontez-nous votre parcours...

Mon cursus étudiant commence par un DUT Mesures Physiques à l’Université de Strasbourg, suivi d’une Maitrise en Science de Matériaux à l’Université de Reims-Champagne-Ardennes avant de rejoindre Polytech Nantes (alors l’ISITEM) en 2ème année de cycle ingénieur en Septembre 1996. Je choisis l’ISITEM pour son programme en Science des Matériaux et son club de voile !
 

J’en sors diplômé en juillet 1998 après avoir choisi la spécialisation en Soudage en dernière année. Je décroche de nombreuses offres de stage de fin d’année dans de grands groupes mais suis particulièrement déterminé à travailler en mer, dans un domaine et des structures moins conventionnels, plus synonymes d’aventures à mes yeux, celui de la construction offshore. Je persévère et décroche finalement, en dernière minute un stage chez Serimax (alors une ETI) pour travailler au développement de solutions pour le soudage orbital et l’installation en mer de canalisations en acier 13% Cr, pour la mer du Nord. Je passe mon temps dans les ateliers, les locaux n’ont rien de ‘sexy’ mais l’entreprise est jeune, dynamique, sa population parcourt le monde au grés des chantiers et contrats.

Serimax m’offre un CDI que j’accepte. J’y passerai 6 années à des postes variés et cumulant même plusieurs postes et responsabilités, l’avantage (ou l’inconvénient cela dépend) des petites structures, Ingénieur R&D, Ingénieur Projet, Responsable Qualité, Chef de Projet avant de me voir offrir avec un collègue d’alors, l’opportunité de partir aux USA (Houston, Texas) pour y ouvrir le bureau de Serimax en 2002.

Je passe 2 ans aux USA à lancer et développer Serimax. C’est alors le boom des développements pétroliers et gaziers en deepwater dans le Golfe du Mexique. Notre plus gros client local devient la société Technip et je partage mon temps entre Houston au Texas, Mobile dans l’Alabama et offshore sur les bateaux de la flotte de Technip.

Je rejoins Technip en 2004 à Paris où je passe 2 ans à travailler sur le plus gros projet Subsea d’alors, le projet Dalia pour Total au large de l’Angola. Je passe la majeure partie de l’année 2006 en Angola pour le suivi et la coordination des opérations marines du projet.

Nous (car c’est aussi la volonté forte de ma femme) sommes alors fermement décidés à nous expatrier à nouveau. Technip m’offre cette possibilité et je pars à nouveau aux USA (Houston) en début 2007. J’y resterai 7 années à des postes divers (de Directeur de Projet à responsable de l’ensemble des marchés et projets Subsea du Golfe du Mexique).

Sans cette expérience à l'international, mon point de vue et mes sensibilités seraient biaisés.

En parallèle, au travers de Technip, je complète ma formation en suivant des cursus ‘executive training’ en finance, M&A… à l’Université de Chicago (Chicago Booth University).

On me propose ensuite fin 2013 de prendre la Direction Asie-Pacifique de Technip, ce que j’accepte. Nous passons 3 années basés en Malaisie à Kuala Lumpur, avec beaucoup de déplacements sur cette très vaste région. À ce poste, je suis forcé d’apprendre le fonctionnement de nouveaux marchés mais aussi de me familiariser rapidement avec les activités de Technip autres que le Subsea telles que le GNL, la chimie verte, le raffinage, etc.

Début 2017, Technip fusionne avec FMC et je rentre à Paris pour rejoindre le comité exécutif du Groupe, en charge des Ressources Humaines (oui, vous lisez bien).

Après deux années, je repars à Houston afin de prendre la direction Monde de la Business Unit Subsea (45% du chiffre d’affaire du Groupe).

C’est en Septembre 2020 que je prends la Direction de Technip Energies (une business unit de TechnipFMC) avec la mission de réaliser un « spin-off » de TechnipFMC, visant à détacher Technip Energies pour en faire une société indépendante. L’opération implique de créer une « equity story » forte, de trouver et sécuriser les financements ainsi que des investisseurs de référence.

L’opération est lancée et Technip Energies (T.EN) est officiellement créée en tant que société indépendante le 16 février 2021, au travers de son introduction à la bourse de Paris.

T.EN est un groupe de 15 000 personnes et 6 Milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2020, opérant dans 34 pays. C’est un acteur majeur (Engineering, Technology & Projects) de la transition énergétique.
 

Pourquoi ce poste ?

Un peu par hasard mais surtout pour l’aventure humaine. Ce n’est pas « ce job » qui importe mais plutôt « ce job dans son contexte ». ‘ Pour quoi ? ’ (quelle raison d’être) et ‘ Avec qui ?’.

L’entreprise, c'est bien entendu des chiffres et de la performance. Bien sûr, une entreprise doit gagner de l’argent et générer du profit. Mais c'est une conséquence, non une finalité. C'est l'excellence des femmes et des hommes qui fait la réputation de l'entreprise et qui engendre sa solidité financière.

L’économie, l’entreprise et l‘entreprenariat, ce sont des sciences morales et humaines. Ce sont des femmes et des hommes qui se font confiance et qui décident de réaliser des choses ensemble.

Cette poursuite d’une finalité plus noble (et de l’entrepreneurship) avec ses conséquences positives (y compris le profit) correspond bien à ce enquoi je crois fondamentalement.

 

Que vous a apporté votre formation d'ingénieur ?

De la rigueur et de la méthode.

Il n’y a pas meilleure stratégie que des clients satisfaits et cela passe par l’excellence du produit ou du service vendu.

 

Un message à faire passer à nos étudiants ?

Cela va peut sembler un peu cliché, mais « Osez ! » et « Bossez ! »

Prenez des risques, je n’ai personnellement jamais refusé un poste ou une mission me permettant d’apprendre quelque chose de nouveau. Il ne faut pas hésiter à sortir de sa zone de confort.

Et finalement, n’oubliez pas que quelles que soient vos aspirations, il y a plus d’une voie pour y arriver.