• Le 12 mai 2020

Hélène Marec est technicienne en instrumentation scientifique et techniques expérimentales au laboratoire Génie des Procédés - Environnement - Agro-alimentaire (GEPEA), un des sept laboratoires rattaché à Polytech Nantes. Elle vient d'être distinguée par la médaille de cristal du CNRS 2020  pour sa contribution au développement des techniques d’instrumentation et contrôle des photobioréacteurs.

Hélène nous fait découvrir son quotidien.


Quel est votre parcours ?

J’ai obtenu un DUT Mesures Physiques en 2001 à la suite duquel j’ai eu quelques expériences professionnelles.

C’est en 2003 que j’ai été recrutée en tant que contractuelle pour le laboratoire GEPEA au sein de l’activité naissante « ingénierie des PhotoBioReacteurs (PBR)». Nous étions basés à la faculté des sciences à Nantes. En 2004, j’ai réussi le concours de technicienne en instrumentation, puis l’activité a déménagé à Saint-Nazaire en décembre 2005. Suite à un changement de structure, j’ai été rattaché à Polytech Nantes en 2012 tout en gardant mon statut et la même activité.

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Quelles sont vos missions quotidiennes au sein du laboratoire GEPEA ?

Au sein de l’équipe Bioprocédés Appliqués aux Microalgues (BAM), mes principales activités sont le contrôle commande de l’ensemble des photobioréacteurs (35 au total), la gestion de l’instrumentation et la conception de montages électroniques.

Je programme les régulations des réacteurs avec LabView, un logiciel de programmation dédiée au contrôle d'instruments et d'analyse de données. Il permet l'acquisition, l'analyse, le traitement et la présentation des données.

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Quelle est votre journée type ?

Ma journée type consiste à programmer ou à concevoir les PBR à des échéances plutôt moyennes (au mois). Cela me permet de gérer de multiples projets, en général 5 à 10 en simultané.

Au quotidien, je viens en appui aux chercheurs. Je dépanne des choses parfois très simples (lorsqu’un redémarrage suffit) ou d’autres très complexes où il faut redéfinir la conception du projet car il n’est plus adapté ou que de nouvelles technologies correspondent mieux au besoin.

Ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

La programmation logicielle. Il est plaisant de voir aboutir des heures de travail lorsque le programme est déployé et de voir la satisfaction du chercheur qui pourra exploiter encore plus de données et investiguer une autre partie de ses projets.

J’aime aussi créer des PBR en repensant la géométrie et le contrôle/commande et en recherchant des innovations pour pousser plus loin les procédés.

Pouvez-vous nous parler du projet pour lequel vous avez reçu la médaille de cristal du CNRS ?

Il ne s’agit pas d’un projet en particulier, c’est l’ensemble des travaux effectués depuis 16 ans qui m’ont permis d’avoir cette distinction.

Depuis le début de cette activité, nous sommes passés d'un PBR à plus d'une trentaine.

Le pilotage des réacteurs est passé de la régulation du pH et de la température à la régulation d’une dizaine de paramètres. Pour cela, j’ai du appréhender chacun des équipements à piloter et maîtriser sa programmation et son fonctionnement. J’ai acquis une expertise dans ce domaine qui me permet d’y arriver plus rapidement aux attentes des chercheurs.

Que représente pour vous cette distinction ?

Une reconnaissance de mon investissement dans mon travail. Le prix cristal m'a été attribué personnellement mais j’aurais souhaité inclure mes collègues qui m’aident au quotidien. De plus la thématique de recherche, qui est la culture de microalgues, étant dynamique, j’ai eu  les « moyens » de réaliser des PBR innovants.