POLYTECH NANTES INFOS
N°15 - OCTOBRE 2013

Clément Belin, élève ingénieur en 5ème année de Génie Civil à Polytech Nantes a traversé cet été l'Europe en solex accompagné par 3 camarades. Il nous raconte son périple.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?


Je m'appelle Clément Belin, je suis étudiant en 5e année de Génie civil à Polytech Nantes. Actuellement, j'effectue mon semestre à Sherbrooke (Canada).

Mes partenaires sont Amandine Pergeaux, étudiante en communication/événementiel, Baptiste Poisbeau diplômé d?un bac+3 en génie civil et Claire Eygun, architecte.Nous sommes 4 amis partageant le goût pour l'aventure et croyant fermement en l'humain et à l'importance de la solidarité entre les hommes. 


Pouvez-vous nous présenter le projet Solidex ?

Le projet SOLidEX est parti d'une envie commune de traverser l'Europe en alliant plaisir et solidarité. Nous voulions que ce périple soit une manière de vivre une aventure pour nous mais aussi et surtout pour les autres. Partir pour rencontrer les populations (dormir chez l'habitant, aider spontanément...) : en quelque sorte, une envie de « casser » les frontières de l'individualisme pour prouver que la solidarité n'est pas juste un «mot».

Pour cela, nous avons découvert le Solex grâce à la maison de quartier de Méan-Poënhoet à Saint-Nazaire. En un an, les membres de l'association nous ont tout appris. Le Solex c'est LE véhicule déclencheur de bonne humeur. Il connecte les anciennes générations - leurs souvenirs ressurgissent- et les jeunes qui se demandent ce qu'est-ce que c'est que cet engin ! Nous avons donc récupéré de vieux Solex datant de 1966 que nous avons entièrement démontés, repeints et réparés.

Dans un second temps, nous avons créé notre association, fait de la recherche de sponsors, trouvé des associations à aider partout en Europe et nous avons sollicité les médias.

De la solidarité...


"Toutes les nuits chez l'habitant : on nous offre des fruits, des légumes, le restaurant en Croatie, une maison pour dormir en Serbie ou encore le café en Hongrie"

Quelques pannes...


"Nous avons passé 8h en Italie sur la terrasse d'un fast-food à chercher une panne"

Pourquoi avoir choisi le Solex comme moyen de transport ?

Au départ, nous voulions effectuer ce périple en vélo ou mobylette. Nous penchions plus pour la mobylette puisque, ayant traversé la France en vélo avec Baptiste, nous nous rendions compte que l'effort physique nous privait parfois de la vision du paysage (« Tête dans le guidon » comme on dit). Néanmoins, la vitesse de 20km/h est parfaite pour interagir avec ce qui nous entoure. En tout cas, le deux-roues était une évidence afin de n'avoir aucune barrière matérielle entre nous et l'environnement traversé.

Le Solex est arrivé vraiment par hasard... ou par destinée (selon ses croyances). Je n'avais jamais vu, ni entendu parler de cet engin de toute ma vie avant qu'un collègue travaillant avec moi au théâtre de Pornichet ne me dise qu'une association en louait sur Saint-Nazaire pour 7€ par semaine. Je me suis empressé d'en essayer un avec mes colocataires (étudiant à Polytech Nantes également) et ce fut un vrai coup de foudre. La vitesse est parfaite, l'autonomie est idéale (2L au 100km) et l'effort est quasi nul sur le plat.

De plus, les gens nous applaudissent sur la route. Ils nous racontent leurs histoires de jeunesse (« J'allais au bal en Solex ! »), nous arrêtent au feu rouge... Et ça, juste entre Saint Nazaire et La Baule. Incroyable !

De plus, le Solex a été produit en France puis en Hongrie, en Chine... Le monde entier a vécu la vague Solex il y a 50 ans !

On en a parlé tous les quatre... Plus d'hésitation, nous partirons en Solex ! Il nous restait alors 10 mois pour tout apprendre sachant que nos connaissances en mécanique étaient proches du 0 pointé.

Pouvez-vous nous faire partager une journée type pendant l'aventure?

La journée type pourrait être celle-ci :

  • Entre 5 et 8h : réveil chez nos hôtes qui nous offrent un incroyable petit-déjeuner ou réveil en pleine nature
  • Photo de groupe
  •  8h30-10h : on roule
  • 10h : café et achat de la nourriture pour le midi
  • 10h -12h30 : on roule
  • 12h30-13h30 : repas
  • 13h30-18h : on roule
  • 18h-18h30 : on achète la nourriture pour le soir et on cherche un logement
  • 19h : on s'installe chez les gens
  • 19h-0h : on discute avec nos hôtes, on partage un repas, on les aide pour une tâche quelconque, on boit du rakia avec eux, on écrit...
  • 0h-5h : on dort. (S'il n'y a pas de chiens errants !)

Que vous a apporté cette expérience ?

Nous nous sommes rassurés avec l'espèce humaine, nous avons appris des gens, compris certaines choses, découvert une Europe plus sociale qu'économique. De plus, nous avons réalisé un rêve. Je pense que nous avons changé quelque part même si nous ne nous n'en rendons pas compte.

Une envie de repartir...

Avez-vous des conseils à donner à ceux qui seraient tentés par l'expérience ?

De vivre leurs rêves au lieu de rêver leur vie. D'avoir foi en l'humain, c'est le plus important : ne pas avoir peur de l'autre et d'avoir confiance en soi ! Rien n'est impossible et tout le monde peut réaliser un projet comme celui-là.

Si moi j'ai pu le faire alors vous pouvez le faire, il suffit juste d'y croire et de se donner les moyens. Soyez curieux de tout, opportuniste et allez vers l'autre : toutes les portes s'ouvriront !

Il faut juste avoir de la motivation, s'organiser et aller au bout malgré les difficultés.

On ne vit qu'une fois alors partez rencontrer les gens du monde, ils vous attendent !

La vie est belle ! Tout est dit dans notre slogan : «Think Solidarity, Become Human »

Des belles rencontres...


  • Rencontre sur les bords de Loire avec Nicolas qui nous accueille
  • Rencontre à Nantes avec un Monsieur surnommé le "Pape du Solex" qui a environ 500 Solex
  • Rencontre avec le Président de l'association de Solex de l'Italie du Nord
  • Aide aux associations qui a leur tour nous comblent en nous logeant et nous faisant découvrir la région

Des souvenirs plein la tête...


  • Test des tracteurs d'une famille Croate
  • Visite guidé sur les toits d'Istanbul avec Hamdi
  • Réfection du puits du Château de Joachim du Bellay à Liré
  • Aide à un viticulteur à Beaune

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Lettre d'informations n°15