POLYTECH NANTES INFOS
N°23 - Juin 2016
Polytech Nantes souhaite offrir une formation au plus proche des besoins des entreprises. Pour cela, elle fait appel à des professionnels extérieurs qui viennent donner des cours aux élèves-ingénieurs. Deux d'entre eux nous font part de leur expérience.

  • Thomas Lety, spécialiste soudure par résistance et friction chez PSA (constructeur automobile). 
  • Maia Dagorne, responsable Qualité Sécurité Envrionnement à mi-temps  dans la société Infosec Communication (société française dont le siège est implanté en région nantaise et qui fabrique et commercialise sur la scène internationale des onduleurs et parasurtenseurs) et consultante / formatrice en démarche qualité (depuis 2014).

La découverte de Polytech Nantes

Thomas : J'ai découvert Polytech Nantes, il y a une dizaine d'années, lorsqu'un étudiant d'un laboratoire lié à l'école (Laboratoire Génie des Matériaux) est venu faire une thèse CIFRE chez PSA. Cette personne a ensuite donné quelques cours dans la formation IWE soudage qui est proposée à Polytech. Quand son emploi du temps ne lui a plus permis de continuer, on m'a demandé de le remplacer. Ce que j'ai fait avec grand plaisir.

Maia : J'ai découvert Polytech Nantes en 1996 en suivant le DU MAQSE comme stagiaire de la fonction continue. Lors de cette formation, j'ai fait mon stage dans l'entreprise Infosec pour laquelle je travaille maintenant. J'ai gardé des liens avec Laurence Charpentier, la responsable de la formation et il y a 2 ans, elle m'a recontactée pour me proposer de donner des cours dans le cadre de la formation initiale.

Thomas : Cela fait 5 ans maintenant que j'interviens auprès des étudiants de 5e année qui ont choisi l'option soudage. C'est un module de 4h sur la théorie de la soudure par résistance. Ce type de soudure est très utilisé dans l'industrie automobile. Avec l'évolution des matériaux et des réglementations liés à la conception automobile, nous devons régulièrement adapter nos techniques de soudage, en tenant compte des contraintes de coût et de cadence de fabrication.

Maia : J'interviens dans la spécialité Electronique et Technologies Numérique en 4e année dans le module « qualité, outils, résolution de problèmes ». Je fais de l'initiation à la démarche qualité. En 2016/2017, j'interviendrai également dans le module qualité du DU MAQSE.

Pourquoi accepter d'intervenir ?

Thomas : Au sein de PSA, nous avons besoin d'étendre notre réseau de compétences et la formation nous permet de côtoyer directement les futurs acteurs de nos métiers. Une partie de ces personnes deviendront également des intervenants auprès de fournisseurs de notre groupe ou de sociétés concurrentes. Nous aurons l'occasion de nous recroiser, d'échanger sur nos pratiques et c'est toujours plus facile quand on connait les gens. De plus, par ma présence, nous montrons aux étudiants de Polytech Nantes que PSA est une société avec des connaissances techniques pointues, et qu'éventuellement des débouchés intéressants avec de forts enjeux sont possibles dans cette entreprise.

Etendre mon réseau fait donc partie de mes prérogatives professionnelles. Mais à titre personnel, j'avais envie de transmettre mes connaissances, qui sont spécifiques, à un public qui ne connaît pas forcément ce domaine. Comme le temps de mon intervention est relativement court, 4h, je suis obligé d'aller à l'essentiel. C'est un exercice très formateur et qui me sert dans mon quotidien. En effet,  je suis souvent amené à déployer nos référentiels et leurs évolutions à des collaborateurs pour lesquels le soudage reste juste un outil d'assemblage. Je dispense également des formations internes à des publics souvent hétérogènes . Je dois adapter mon discours, mes présentations.

Maia : Pourquoi accepter ? Tout d'abord, j'étais contente de revenir à Polytech Nantes. J'avais beaucoup apprécié mon expérience en tant que stagiaire : ce sont de bons souvenirs ! Ensuite, quand on m'a proposé ces interventions, je débutais, à temps partiel, mon activité de consultante. Et dans ce cadre-là, je souhaitais développer une partie formation. Donc cela tombait très bien ! J'avais déjà fait de la formation pour adultes mais la nouveauté était de s'adresser à un public différent : de jeunes adultes en formation initiale. Un public qui, par conséquent, n'a que très peu d'expérience du monde de l'entreprise. C'était nouveau et intéressant.

Les apports de l'enseignement

Thomas : Par le biais de leur stage, les étudiants ont quelques fois des connaissances sur un sujet proche. Ils posent alors des questions plus pointues, par exemple sur de nouveaux matériaux ou en lien avec d'autres domaines d'activités (ex : l'aéronautique). Cela m'oblige à m'informer davantage, en prenant éventuellement contact avec l'entreprise où l'étudiant a fait son stage. Je reste ainsi en alerte sur l'évolution de mon métier.

Maia : Ce que j'aime, c'est l'interactivité avec un public différent, plus spontané mais aussi plus naïf parfois. Ils ont un regard neuf sur la pratique professionnelle. C'est très enrichissant d'avoir ce retour, il est très différent de celui d'un public professionnel ou d'adultes plus expérimenté. Mon rôle consiste à échanger sur ce qu'est la qualité en entreprise. C'est une initiation, ils n'ont pas vocation à être des responsables qualité, mais il est important qu'ils aient connaissance dès leur formation initiale de ce type de démarche. Ils savent déjà des choses mais souvent  de manière partielle et restrictive (qualité produit surtout). L'objectif principal est d'élargir leur vision de la qualité. De plus, les échanges avec les étudiants sont donc très enrichissants de mon point de vue. Ils analysent, ils raisonnent d'une certaine façon. Cela me permet de conserver les pieds sur terre, de prendre du recul sur ma pratique. D'un point de vue professionnel, cela m'a beaucoup aidé à élaborer des contenus, à animer des formations.  D'ailleurs mon entreprise principale, Infosec, y trouve aussi du positif et me confie davantage d'actions de formation.

Liens actuels avec Polytech

Thomas : Je conserve un lien avec Pascal Paillard, enseignant-chercheur à Polytech Nantes qui s'occupe de la formation IWE. Et je sais qu'il est bien informé des nouveautés scientifiques dans  mon domaine de compétence.

Maia : Je suis restée en contact avec Laurence Charpentier pour témoigner auprès des promos en cours, et pour participer aux événements organisés par l'association des anciens élèves.




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Lettre d'informations n°23