POLYTECH NANTES INFOS
N°13 - FEVRIER 2013

Comment votre projet d'étudier en Chine est-il né ?

Mon premier contact avec la Chine a eu lieu en 2006 quand mon ami est parti en stage à l'université de Tsinghua à Pékin. Après plusieurs semaines d'hésitation, nous avons décidé de passer 5 semaines sur la Route de la Soie, de Pékin à Kashgar, dernière ville à l'Ouest avant la frontière Kirghize. L'expérience a été formidable, des rencontres inoubliables, des paysages à couper le souffle et surtout un enthousiasme général très contagieux. A la fin de notre périple, nous sommes rentrés en France avec un nouveau projet: Repartir l'année suivante !

J'ai passé ma 4e année d'études à préparer ce nouveau départ : convaincre mes professeurs et l'administration que même si personne ne l'avait fait jusque-là. C'était désormais réalisable. Je devais ensuite trouver la bonne université en Chine. M. Wang et M. Auvity m'ont beaucoup soutenue dans toutes les démarches. Je me suis aussi rapprochée d'un groupe d'étudiants chinois de Polytech Nantes, ils m'ont aidée à contacter des universités chinoises et enseigné les bases du Mandarin.

Comment s'est déroulé votre semestre d'étude à la South China University of Technology (SCUT) ?

Je suis arrivée à Guangzhou (Canton) le 14 Juin 2007, à la fin de l'année scolaire pour effectuer mon stage de deuxième année et poursuivre en septembre en 3e année d'étude dans le département thermique de SCUT. Les premiers jours ont été difficiles : mon tuteur ne parlait pas anglais, il y avait moins d'heures de cours en anglais que prévu. Les cours étaient enseignés en Mandarin avec les documents en Anglais. Ma 3e année d'école d'ingénieur a été découpée en 6 mois à SCUT, en incluant des cours intensifs de Mandarin, et 6 mois de stage dans une entreprise locale si possible française.

Mes mois passés à SCUT ont été supers. J'ai très vite progressé en Mandarin dans une classe internationale très dynamique, j'étais entourée d'étudiants asiatiques avec des histoires toutes différentes. Pour m'améliorer je discutais avec tout le monde : le serveur du restaurant, le chauffeur de taxi, mon voisin de bus et les gardiens de mon immeuble. Les chinois sont en général contents de parler et très curieux de savoir ce que je faisais là. Les cours scientifiques étaient intéressants, j'étais cette fois uniquement avec des étudiants chinois. Ils étaient très fiers et intimidés d'avoir une étrangère dans leur classe. On a fait des expériences sur des vieux moteurs et climatisations dans les locaux de l'université. J'ai aussi été invitée pour une visite officielle de laboratoire pour un partenariat de recherche entre SCUT et des entreprises locales.

J'en ai également profité pour voyager. A chaque vacance scolaire, nous sommes partis quelques jours : Guilin, la rivière Li et ses pics karstiques, Shanghai et son effervescence, Xiamen et ses maisons rondes. C'est aussi à ce moment-là que les premiers coups de blues sont apparus, les anniversaires manqués en France, le pain qui est toujours sucré et mou, heureusement ma famille m'envoyait régulièrement des colis remonte-moral'' avec des magazines en français, des lettres et des photos des derniers évènements et toujours du chocolat ou du saucisson !

Dans quel secteur avez-vous effectué votre mission de stage ?

En Janvier 2008, j'ai déménagé dans une petite ville entre Canton et Hong-Kong, Zhangmutou, pour faire mon stage d'ingénieur dans une entreprise française de développement de jouets. J'ai passé 8 mois à organiser et contrôler la conformité chimique et mécanique de pinceaux, feutres, autocollants, sac à dos, pâte à modeler, et autres. Hello Ketty et Scoubidou faisaient partie de mon quotidien. Ça a été une expérience très enrichissante. J'ai appris à connaître la Chine sous un angle différent et à relativiser ce qu'on voyait dans les médias en Europe. Vivre dans une petite ville ou personne ne parle anglais a transformé mon quotidien en aventure : aller à la poste pour envoyer des colis, différencier le savon du shampoing au supermarché, choisir un abonnement de téléphone ou se retrouver nez à nez avec des serpents au marché.

Que retenez-vous de ce voyage en Chine ?

Cette année en Chine a été très bénéfique, j'ai appris la patience, à vivre différemment, à moins juger et à ne pas avoir peur de l'inconnu ! Mon copain m'a rejoint entre temps et après plus d'un an en Chine nous n'étions pas prêts de rentrer. J'ai envoyé un CV et j'ai tout de suite été retenue pour un VIE de 2 ans à Hong-Kong en tant que responsable technique et qualité pour une entreprise française de développement de produits pour bébés. Une nouvelle aventure qui commençait !

Quels sont vos projets actuels ?

Cela fait aujourd'hui  5 ans et demi que nous sommes en Chine, nous vivons toujours à Hong-Kong et nous sommes mariés depuis Septembre 2010. Je travaille pour des Norvégiens qui développent des produits de puériculture. En tant que Sourcing manager, je suis responsable d'un point de vue coût, capacité et qualité pour le développement de nouveaux produits depuis la sélection d'une usine jusqu'à la mise en production. C'est un travail très intense. Je voyage entre Hong-Kong, Taiwan, la Chine et la Norvège. Je n'aurais jamais pu faire tout ça sans mon expérience à SCUT et le soutien de deux de mes professeurs, Yide Wang et Bruno Auvity.

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Lettre d'informations n°13