Lettre d'informations de Polytech Nantes
POLYTECH NANTES INFOS
N°10 - FÉVRIER 2012
Vincent Perrier est diplômé de Polytech Nantes : promotion 1994 en Systèmes Électroniques et Informatique Industrielle (formation actuellement intitulée Électronique et Technologies Numériques - ETN). Il a créé en 2003 CoFluent Design : entreprise fondée sur une innovation technologique « made in Polytech » avec Jean-Paul Calvez, enseignant du département.

À la suite de ses études, Vincent poursuit sa carrière qui l'amène à travailler aux États-Unis où il restera 3 ans. À son retour en France en 2002, il saisit l'opportunité proposée par un des ses anciens professeurs, M. Jean-Paul Calvez. Ce dernier cherche à assurer le transfert technologique du logiciel de modélisation et de simulation de systèmes embarqués qu'il a créé avec son équipe de recherche.
Tous deux s'associent en 2003 avec Stéphane Leclercq pour créer CoFluent Design et commercialiser le logiciel CoFluent Studio. En 2004, l'entreprise décroche son 1er client important, puis voit son développement s'accélérer dès 2007 grâce à l'aide importante d'investisseurs. L'entreprise, basée à Nantes, compte dès 2010 plus d'une quinzaine de salariés.
Un virage décisif s'est opéré fin 2011 avec le rachat de CoFluent par le géant INTEL
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Vincent indiquait à Ouest France à ce sujet : « Nous avons démarré les discussions en 2010. L'entreprise a reconnu notre innovation technologique, qu'elle ne trouve pas ailleurs. Et maintenant qu'elle a acquis une technologie et des compétences, son idée est de développer l'équipe. Ce rachat permet aussi d'ouvrir de plus grandes perspectives à l'international pour nos produits ».

L'association des diplômés PolyNantes a souhaité en savoir plus :

Quel regard portez-vous sur les débuts de CoFluent Design, et sur la question de la création d'entreprise en France actuellement ?

Les débuts de CoFluent Design ont été un départ certes vers l'inconnu mais avec une forte volonté de réussir et de développer notre projet entrepreneurial. C'est aussi une période fantastique de création à tous les niveaux, et de découverte.
La création d'entreprise en France est plutôt à la mode, mais se traduit surtout par des créations d'entreprises individuelles qui répondent à des aspirations de liberté ou d'indépendance par rapport à un employeur. Se lancer dans une aventure entrepreneuriale d'innovation technologique est bien différent, être son propre patron est une motivation importante mais ne doit pas être le seul critère pour se lancer. De plus, un projet de startup high-tech ne se monte pas de la même manière qu'un projet d'entreprise industrielle, commerciale ou artisanale « classique ». L'écosystème français de l'innovation, dont les organisations et moyens sont essentiellement financés par les pouvoirs publics, est performant et joue un rôle essentiel dans le succès du projet. Par contre. le marché français est réduit et assez frileux vis-à-vis des startups nationales, il faut donc se préparer à aller chercher le succès commercial à l'étranger, en Europe, en Amérique du Nord, au Japon et dans les pays émergents.

Avec le recul, comment percevez-vous la formation reçue à l'École ?

Notre projet d'entreprise a été issu d'un transfert de technologie d'un laboratoire de recherche de Polytech Nantes et un de mes anciens professeurs était un de nos associés fondateurs. Notre technologie faisait partie de la formation des ingénieurs SEII de l'époque, et est toujours enseignée aujourd'hui en ETN. Cette technologie a été adoptée par de grandes sociétés de renom international et est aujourd'hui la propriété d'Intel, n'est-ce pas la meilleure preuve de la valeur de la formation ?
La formation que j'ai reçue m'a donné d'excellentes bases techniques générales dans tous les domaines des systèmes électroniques embarqués, de la microélectronique au génie logiciel, mais surtout une approche méthodologique solide et structurée. Ensuite, à chacun de trouver sa voie en fonction de ses attentes, aspirations et des opportunités qui se présentent.

Et, question classique : quels conseils donneriez-vous aux étudiants d'aujourd'hui ?


Être confiant, aimer prendre des risques et saisir les opportunités qui se présentent.
Et surtout ne pas avoir un quelconque complexe d'infériorité par rapport à d'autres ingénieurs d'écoles soi-disant plus réputées ou prestigieuses.
2 ou 3 ans après la première embauche, l'importance du diplôme est bien moindre et la différence se fait entre les expériences et les personnalités des personnes.

Contact

> Geneviève Maraval - Association PolyNantes
contact@polynantes.fr

Lettre d'informations n°10