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L'objectif de Polytech Nantes est de former des ingénieurs capables de s'insérer dans des contextes professionnels multi-culturels en France et à l'international. Pour valider leur cursus, les élèves ingénieurs en formation initiale doivent effectuer un séjour d'au moins 20 semaines à l'étranger (stages, semestre d'études,...). Ils ont aussi la possibilité de préparer un double-diplôme international au sein d'une université partenaire. Retour d'expériences avec Anthime Huchet, Clément Chevalier et Angelo Recorbet.

Retours d'expériences de deux élèves ingénieurs en semestre d'études en Suède et en Pologne : Anthime Huchet (informatique, 4ème année), et Clément Chevalier (thermique énergétique et mécanique, 5ème année).

 

Où s’est déroulé votre semestre à l’étranger ?

Anthime : Mon semestre s’est déroulé de janvier à juin 2022 à Växjö une petite ville de 70 000 habitants au sud de la Suède.

Vaxjo


Clément : J'ai fait mon semestre à l'étranger à Wroclaw, une ville de taille moyenne à l'ouest de la Pologne, près des frontières allemandes et tchèques.

Wroclaw

Pourquoi avoir choisi cette destination ?

Anthime : J’ai toujours voulu découvrir les pays scandinaves (au début je voulais aller en Finlande), surtout pour le côté “nature” et leurs sociétés réputées pour être un peu avant-gardistes. Le Canada me donnait un peu la même impression mais bon c’est un peu plus loin…

Clément : La Pologne est un pays dont j'avais très peu entendu parlé, et je souhaitais rester en Europe. J'ai regardé les accords qui existaient pour ma spécialité et j'ai fait mon choix. Je devais partir pour la Finlande, mais l'université d'accueil a annulé les échanges. C'était finalement un mal pour un bien, puisque je n'aurais peut-être jamais découvert la Pologne. Un argument en faveur de la Pologne est aussi le coût de la vie qui est bien moins élevé que dans la plupart des pays européens.
 

Qu’est-ce qui vous a motivé à partir ?

Anthime : C’est un discours un peu banal mais c’est majoritairement pour sortir de ma zone de confort, rencontrer des gens différents, découvrir une nouvelle culture! Et c’est une occasion en or pour passer du temps dans un pays étranger sans trop souffrir des contraintes budgétaires, avec les aides et le fait qu’on soit étudiant. C’est la meilleure période pour partir !

Clément : J'ai fait toute ma scolarité à Nantes, et avec la crise sanitaire, je sentais que le stage à l'étranger allait être compromis. J'avais envie de découvrir de nouvelles cultures et de m'immerger dans la vie d'un autre pays. J'aime voyager, mais le tourisme n'a rien à voir avec le fait de vivre dans un pays étranger (avec ses avantages et ses inconvénients).

Quelles ont été les différentes étapes de préparation ?

Anthime : Faire une sélection des destinations qui nous intéressent, regarder les cours dispensés dans les différentes écoles, choisir son programme, le faire valider par sa/son responsable de formation. Après cela ce sont en grande partie des étapes administratives, il ne faut pas être timide et relancer régulièrement les responsables internationaux.
L’étape la plus importante c’est vraiment le choix des cours. Il faut aller comparer les différentes spécificités des écoles pour être certain d’étudier des matières qui nous plaisent. Car quand on est en Erasmus, l’idéal c’est que les cours ne soient pas une corvée pour pouvoir profiter au maximum.

Clément : La première étape, selon moi, est de se décider à partir. Même si ce n'est que quelques mois, il faut être décidé pour aller vivre à l'étranger. Ensuite, une grosse partie administrative est à prévoir : une fois le choix du pays fait, il faut élaborer un contrat d'étude avec les cours prévus sur place. Il faut également penser à renouveler ses papiers d'identité si besoin, faire des demandes de logements universitaires ou trouver un logement, constituer les dossiers de demande d'aide financière, mais aussi réaliser son inscription dans l'université de départ et dans l'université d'accueil (avec les difficultés liées à la communication dans une langue étrangère). En fait, l'expérience commence bien avant qu'on le pense ! Une fois les dossiers constitués, il faut les transmettre aux personnes concernées. Il faut aussi penser à prévoir le voyage en lui même : comment se rendre dans le pays concerné ? Le logement ? Une fois arrivé, il y a souvent encore de l'administratif : inscription aux groupes de classe, changements dans le contrat d'étude (cours qui se superposent ou qui n'existent pas...)

Comment se sont passées vos études sur place ?

Anthime : Globalement ça s’est bien passé pour moi. J’ai eu un cours qui s’est très bien déroulé et on m’a recommandé auprès d’un professeur pour l’aider. Pour la deuxième partie du semestre j’ai eu un job d’assistant professeur (aider les élèves en tutorat et corriger leurs rendus) ça m’a permis d’être en contact avec un peu plus de monde et de me faire un peu d’argent sur place. Le format des cours était très différent car je n’avais que 6h de cours maximum par semaine, par contre j’avais facilement 30h de travail personnel par semaine. Ce n’était pas facile de prendre le rythme quand on vient de Polytech, car on est habitué à travailler en classe, et en rentrant à la maison le travail est très réduit. C’était principalement du travail en autonomie, avec des rendus toutes les semaines sans exceptions...

Clément : Les études en elles-mêmes se sont bien déroulées. Les cours en Pologne ressemblent à ce que l'on connaît en France, mais j'étais tout de même surpris de voir la qualité des équipements en Pologne, chose qui n'est pas forcément mise en avant lorsqu'on parle de formation ici.

Où logiez-vous ?

Anthime : On m’avait dit que c’était très dur de trouver un logement en Suède donc je m’y suis pris tôt et j’ai accepté le premier choix qui s’est présenté. C’était un Airbnb pour une longue durée qui n’était pas sur le campus. Au final je me suis rendu compte que ce n’était pas si dur de trouver un logement sur le campus pour un coût grandement réduit. (Si tu prévois d’aller en Suède n’hésite pas à me contacter je pourrai passer des contacts pour trouver des logements, et de manière générale demandez aux responsables internationaux pour qu'ils vous passent le contact d’élèves qui sont déjà partis vous gagnerez sûrement beaucoup de temps.)

Clément : J'ai loué une chambre dans une colocation de sept personnes dont une majorité de polonais, pas très loin de l'université et du centre ville.

Quelles sont les différences culturelles que vous avez pu noter avec la France ?

Anthime : Les gens sont beaucoup plus calmes et c’est un vrai plaisir. Les Suédois sont gentils, prennent leur temps et savent parler anglais (bel avantage). Au niveau de la nourriture c’est pas très différent, ils prennent souvent des poses ‘’Fika’’ dans la journée (c’est des petits cafés-goûter sympathiques) où ils se retrouvent pour discuter. L’avantage de l’université de Linnaeus où j’étais est qu’elle est très internationale (2000/3000 étudiants étrangers à l’année) donc on a l’occasion de rencontrer vraiment beaucoup d’étudiants étrangers, donc beaucoup de cultures différentes.
 

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Clément : Je pense qu'une remarque très française est la nourriture ! Les habitudes alimentaires sont très différentes, tout comme la place des repas dans la
journée : en France cela rythme presque les emplois du temps, en Pologne cela semble presque anecdotique de manger ! Au delà de cette différence, la place de la religion est encore assez importante en Pologne, à mon sens plus qu'en France. Les édifices religieux sont toujours parfaitement rénovés alors que certains immeubles tombent en ruine à quelques rues.

 

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Avez-vous une anecdote particulière à nous raconter ?

Anthime : Un petit truc important à savoir quand même c’est que l’alcool est cher et contrôlé. On ne peut l’acheter que dans un seul magasin (qui a des horaires assez contraignants). En soirée chacun amène ses affaires, les suédois n'ont pas trop tendance à partager leurs boissons. Mais comme il y a beaucoup d’étrangers, il y a des mix.

Clément : Une chose qui m'a marqué en Pologne, c'est le changement d'heure : en France, on va facilement se plaindre qu'a 18h il fait noir en sortant des cours en hiver. En Pologne, au coeur de l'hiver, à 16h30, le ciel commençait à s'assombrir. Ce qui est sympa cela dit, c'est que la vie y est adaptée, les rues sont éclairées, et certains endroits de la ville sont encore plus beaux de nuit !

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants français souhaitant partir en semestre à l’étranger ?

Anthime : Ne vous posez pas trop de questions, si vous avez ne serait-ce qu’une toute petite envie de partir, foncez ! Si vous pouvez faire un prêt étudiant avant de partir je trouve que c’est une bonne idée ça permet plus de libertés (et puis bon... en tant qu’ingénieurs on pourra le rembourser ne vous en faites pas) pour voyager et être un peu plus... impulsifs.

Clément : Le premier conseil, c'est de se lancer, la seule question à se poser est : "est-ce que j'en ai envie MOI ?". C'est une expérience qui est parfois difficile, donc si tu veux le faire, fais-le, mais ne le fais pas pour quelqu'un. Ensuite, je dirais qu'il faut organiser son semestre (je suis assez stressé de nature, mais quand même).
Il faut au moins se renseigner sur des éléments comme : Ce pays fait-il partie de la zone euro ? Puis-je payer avec ma carte sans frais à l'étranger ? Ai-je bien ma carte européenne d'assurance maladie ? Ce sont des détails qui ont leur importance, car cela peut gâcher un voyage. Enfin, un dernier conseil : ose, mais va à ton rythme. Un Erasmus, ce n'est pas une démonstration Instagram (sauf si tu en as envie). Fais ce que tu as envie de faire, mais ne te freine pas parce que tu t'en sens incapable. Si tu as réussi à aller vivre dans un autre pays, tu es sûrement capable d'aller boire une bière avec des inconnus ou d'aller visiter un musée !

Et pour conclure, en une phrase, comment décririez-vous votre mobilité ?

Anthime : Une très belle expérience !

Clément : Expérience pleine de surprises, mais à la fin ce qu'on retient c'est le positif !

 

Retour d'expériences d'Angelo Recorbet, en double diplôme à Montréal pour deux années.

Pour commencer, pourriez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Angelo, j’ai 25 ans, j’ai grandi à Quimper en Bretagne et j’ai rejoint Polytech Nantes sur le campus Gavy en 2019. Je prépare actuellement le diplôme d'ingénieur en Génie électrique.

Où se déroule votre semestre à l’étranger ?

Mon séjour se passe à Montréal, au Canada, pour une durée de deux ans. Je suis en double diplôme avec l’école de technologie supérieure de Montréal et Polytech Nantes. Cela implique que je rallonge d’un an mes études, mais avec pour finalité deux diplômes en poche : une maîtrise en génie électrique délivrée par l’ETS et un diplôme d’ingénieur en génie électrique délivré par Polytech.

Pourquoi avoir choisi cette destination ?

Parce que j’aime le fait de partir deux ans. C’est une occasion unique de vivre dans un pays étranger, sur un autre continent et sur du long terme. Je connais des amis qui sont venu faire un semestre à Montréal, et ils ont tout visité très rapidement, avec les cours (et des restrictions covid) c’était vraiment intense pour eux. En deux ans ça me permet de prendre plus mon temps, ça me correspond mieux. En plus, à Montréal on est vraiment à côté de pleins de villes et de coins vraiment cool : la région des grands lacs, New-York, Toronto, la baie du Saint-Laurent…
 

Qu’est-ce qui vous a motivé à partir ?

C’est une occasion unique de faire un voyage de longue durée en Amérique du Nord.

Quelles ont été les différentes étapes de préparation ?

Il y en a vraiment beaucoup, surtout pour partir dans un pays comme le Canada qui est hors Europe et qui contrôle l’immigration rigoureusement. Mais je dirai que la première étape est de s’informer via le/la responsable des relations internationales pour savoir quelles sont les destinations possibles.
Ensuite je pense que c’est bien de savoir ce qu’on attend du séjour : perfectionner une langue étrangère, visiter le pays et la région, étudier dans une université prestigieuse, vivre l’expérience seul ou en groupe sont de bons exemples d’objectifs ou de questions qu’on peut se poser pour savoir quelle destination choisir.
Une fois qu’on est fixé sur le ou les choix qui nous intéresse, il faut en parler dès le début de la quatrième année, voir même à la fin de la troisième année, à la personne qui gère les relations internationales dans le campus et à celle qui gère ça au niveau de son département (génie électrique pour moi par exemple). Les procédures administratives peuvent prendre du temps entre les universités, et certaines universités étrangères font une sélection assez stricte des étudiants qu’elles acceptent en échange, c’est pourquoi il faut essayer d’avoir un dossier relativement bon. En attendant d’avoir la réponse de l’ETS, je me suis beaucoup informé sur les procédures d’émigration pour aller au Canada car elles sont assez complexes. Heureusement pour moi, c’est un pays où beaucoup de français émigrent, il y a donc beaucoup de groupes Facebook et de forum où les gens échangent sur leur expérience. Il est aussi important de se renseigner sur les bourses pour lesquelles nous sommes admissibles et de commencer à budgéter le voyage. Une fois que j’ai été accepté par l’ETS j’ai pu commencer à entreprendre sérieusement les
démarches d’émigration. C’était long, laborieux et coûteux, surtout que je partais avec ma copine qui devait se rattacher à mon dossier pour espérer être acceptée. On a dû faire un dossier de plus de 50 pages pour prouver qu’on était en couple, on est allé faire signer un papier chez le notaire (60€ pour avoir une signature), on est allé à Paris pour faire nos données biométriques... Mais c’était une situation assez particulière, la plupart des étudiants partent seuls et juste pour un semestre, les démarches sont en général beaucoup plus simples.

Comment se passent vos études sur place ?

Mes études se passent très bien, on a été bien formé à Polytech Nantes en Génie électrique, les cours me paraissent plus simples qu’en France, mais ça demande plus d’autonomie.
 

montréal

Où logez-vous ?

Je loge dans un appartement situé dans le quartier d’Hochelaga avec ma copine. C’est un quartier populaire de Montréal où les loyers ne sont pas trop chers. Je n’avais pas envie de vivre dans une résidence étudiante et d’être qu’avec des étudiants français (il y en a vraiment beaucoup ici). Je suis un peu loin de l’école (35 minutes de métro) mais j’aime vivre parmi les locaux, je trouve que ça rend le voyage plus intense, plus immersif.
 

Quelles sont les différences culturelles que vous avez pu noter avec la France ?

Le langage, les Montréalais sont francophones pour la plupart mais le français du Québec est quand même différent du français de France. Au-delà de l’accent, il y a aussi beaucoup d’expressions et de mots qui changent. Quelques exemples : barrer la porte vs verrouiller la porte ; pogner la grippe vs attraper la grippe ; j’ai jamais vu ça de même vs j’avais jamais vu ça ; je suis down de sortir vs je suis chaud de sortir. Ce qui fait que même si on se comprend c’est parfois difficile de communiquer fluidement. Tout le monde se tutoie au Québec, et c’est courant de demander si ça va bien quand tu dis bonjour à quelqu’un, même si tu ne le connais pas.

Avez-vous une anecdote particulière à nous raconter ?

On a fait le choix de commencer à chercher un appartement une fois sur place. On a donc loué un Airbnb pendant deux semaines le temps de trouver un appart et de s’installer. Après sept ou huit visites pas concluantes car les apparts étaient souvent en très mauvais états et non meublés, on était un peu désespéré. En cherchant des annonces sur Marketplace, je vois un appart semi-meublé qui a l’air vraiment bien mais au-dessus du budget qu’on s’était fixé. Je me dis « allons voir à quoi ça ressemble un appart au-dessus de notre budget », et j’arrive à convaincre ma copine d’aller le visiter (on venait de faire 3 ou 4 visites dans la journée et on
était vraiment fatigués). On arrive à convenir une visite pour le soir même. Après avoir visité et parlé avec le propriétaire, on arrive à négocier le prix du loyer pour le faire rentrer dans notre budget. En plus de cela, il accepte de nous donner un lit et de ne pas exiger d’enquête de crédit (procédure quasiment obligatoire pour signer un bail au Québec mais impossible à faire pour nous à ce moment-là car on n’avait pas de compte en banque québécois à cette époque). Le soir même, le bail était signé et en plus on a découvert que le quartier est super cool.
 

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants français souhaitant partir en semestre à l’étranger ?

Choisissez une destination où vous pensez ne jamais aller dans votre vie.

Et pour conclure, en une phrase, comment décririez-vous votre mobilité ?

Une occasion unique de partir à l’aventure et d’apprendre à se connaître.